ÉPAULE

L’EXAMEN DE L’ÉPAULE : LA COIFFE DES ROTATEUR

R. ABOUCHAMMALA

 

Les lésions de la coiffe des rotateurs sont caractérisées par des douleurs et une atteinte fonctionnelle plus ou moins marquée.

La symptomatologie aiguë est difficile à différencier entre les étiologies possibles, telles une tendinite, une atteinte du sous-scapulaire, ou une rupture de la coiffe des rotateurs.

Il est plus difficile de distinguer une rupture de la coiffe des rotateurs d’une lésion tendineuse dégénérative sans rupture.

La mobilité active est presque normale lors de la rupture du sus-épineux, plutôt diminuée modérément en cas de lésions de sa partie supéro-antérieure, plus marquée lors de lésions de sa partie postérieure ; si la rupture est complète, la limitation est maximale.

Il est impératif de faire la distinction entre le pseudo-enraidissement de l’épaule et « l’épaule gelée » ; Ce pseudo-enraidissement est souvent dû à une arthrose évoluée peu douloureuse de l’articulation sternoclaviculaire.

Le haussement d’épaule est un bon test de différenciation car, lorsqu’il est anormal, cela signifie que seule l’articulation gléno-humérale est responsable d’une éventuelle diminution de la mobilité.

De la même manière, une pathologie scapulothoracique doit être éliminée.

Il faut être attentif à une éventuelle paralysie du muscle grand dentelé au cours de laquelle on observe un décollement de la scapula lors de la répulsion du bras étendu vers l’avant, ou en faisant des pompes sur le mur en face.

Il doit être aussi écartée une paralysie du muscle trapèze qui entraîne une limitation de la mobilité de l’épaule du fait de l’absence de possibilité de fixation de la scapula. L’élévation de l’épaule, permet d’éliminer cette paralysie.

Le muscle supra-épineux est particulièrement touché par le manque de place sous le toit des coiffes des rotateurs, constitué par l’acromion, ligament acromio-coracoïdien et l’articulation acromio-claviculaire. Sa zone de déplacement sera limitée dans toutes les directions par la partie antérieure de l’acromion, le ligament coraco-acromial, l’articulation acromio-claviculaire et le processus coracoïde.

Le syndrome d’impingement (ou syndrome de conflit chronique) correspond à un trouble fonctionnel douloureux de l’épaule qui provient du choc des tendons de la coiffe des rotateurs contre le bord antérieur du toit de l’épaule et/ou de l’articulation acromio-claviculaire.

Dans cet espace, d’autres structures peuvent être comprimées, alors elles ont leur propre « syndrome d’impingement », notamment le tendon du long biceps et la bourse subacromiale.

Neer fait la distinction entre l’impingement primaire (outlet impingement) et un impingement secondaire (non-outlet impingement) :

L’impingement primaire (outlet impingement) : c’est une irritation du supra- épineux du fait d’une diminution mécanique de l’espace disponible

L’impingement secondaire (non-outlet impingement ou syndrome subacromial) :  c’est une diminution relative de l’espace subacromial du fait d’une augmentation de volume des structures passant sous le toit de l’épaule.

Un rétrécissement fonctionnel de cet espace existe lorsque la scapula, du fait d’une paralysie et d’une faiblesse de la musculature ne participe pas au mouvement d’élévation globale du bras ou lorsqu’un enfoncement de l’articulation acromio-claviculaire a entraîne la perte de sa suspension.

Au stade chronique d’un syndrome d‘impingement, on observe une atrophie du muscle deltoïde, des muscle supra-et infra-épineux. Les insertions tendineuses sur le tubercule majeur et sur le tubercule mineur sont souvent sensibles à la pression et la mobilité de l’articulation gléno-humérale peut être limitée en fin de course.

L’élévation active est plus douloureuse que la passive.

Si le patient peut mettre son bras en abduction malgré la douleur, cela signifie qu’il s’agit plutôt d’une atteinte dégénérative du tendon que d’une rupture.

En cas d’une « pseudo-paralysie », le patient est incapable de soulever le bras atteint. Ce signe est en faveur d’une rupture de la coiffe des rotateurs. Afin de pouvoir déterminer plus précisément la portion de tendon atteinte, il faut poursuivre les examens. Le test de provocation peut alors être utile.

 

      1°-Test d’abduction en position neutre

Réalisation :

Le patient est debout. Les bras du patient relâchés le long du corps. L’examinateur saisit les membres supérieurs au niveau du tiers distal des avant-bras. Le patient essaie de porter ses bras abduction contre la résistance exercée par l’examinateur.

Évaluation :

L’abduction du bras est « initiée » par le muscle supra-épineux et le muscle deltoïde. Des douleurs, en particulier une faiblesse lors de l’abduction et du maintien du bras, doivent faire penser à une rupture de la coiffe des rotateurs.

Une absence de centrage de la tête de l’humérus, ou l’ascension de la tête humérale, lors d’une rupture de la coiffe des rotateurs est due à une relative insuffisance de la musculature externe de l’épaule.

 

         2°-Test du muscle supra-épineux de Jobe (Empty Can Test)

Réalisation :

Ce test peut être réalisé chez un patient en position debout ou assise.

Les bras du patient sont en abduction de l’épaule à l’horizontale à 90°, en extension au niveau des coudes, puis on réalise le même test avec les coudes en flexion. A partir de la position d’abduction déjà à 90°, on réalise une abduction supplémentaire de 30° aves rotation interne, pendant laquelle l’examinateur exerce une pression vers le bas sur l’avant-bras.

Évaluation :

Si le test déclenche une douleur plus ou moins intense et si le patient n’est pas capable de maintenir le bras contre la pesanteur et en abduction à 90°, on parle alors d’un Drop-Arm Sign positif.

Lors de la rotation interne (le pouce est dirigé vers le bas, comme lorsqu’on vide une canette, empty can signifie une canette vide, on explore principalement les parties crâniales de la coiffe des rotateurs (muscle supra-épineux), alors que lors de la rotation externe, ce sont plutôt les parties ventrales de la coiffe des rotateurs.

Afin d’obtenir une plus grande différenciation, le test peut être répété avec seulement 45°d’abduction. Le test peut apparaître faussement positif en cas de modifications pathologiques du tendon du long biceps.

Si le test déclenche des douleurs et si le patient n’est pas capable de porter le bras en abduction à 90° et de le maintenir contre la pesanteur, on peut s’orienter vers une lésion du tendon du muscle supra-épineux ou vers une atteinte du nerf supra-scapulaire.

La « force » dans le muscle supra-épineux ne disparaît complètement que lorsque plus de deux tiers du tendon est défectueux.

La force du muscle supra-épineux peut également être testée avec le coude fléchi. Pour le patient, cette position signifie une moindre force de maintien et moins de stress, ce qui est donc moins douloureux.

 

       3°-Test du muscle subscapulaire

Réalisation :

Ce test est réalisé avec le coude légèrement écarté du corps, on comparera l’amplitude de la rotation externe passive entre les deux cotés, ainsi que la rotation interne active de l’articulation gléno-humérale contre une résistance.

Évaluation :

Une rotation externe passive, indolore, augmentée d’un coté par rapport à l’autre, ainsi qu’une faiblesse de la rotation interne active sont en faveur d’une lésion isolée du muscle subscapulaire.

Si ce test est accompagné de douleur, Une rupture du muscle subscapulaire est probable (La diminution de la force accompagnée d’une douleur modérée est plutôt en faveur d’une rupture ; en cas de douleur importante, la différenciation entre une rupture et une tendinopathie est difficile).

 

      4°-Test du décollement (Lift-Off Test de Gerber)

 Réalisation :

Le bras étant en rotation interne, on demande au patient de porter et de poser le dos de sa main sur son dos. Puis on lui demande de décoller sa main du dos tout en maintenant le bras dans la même position. Si cela est possible, l’examinateur exerce une contre-pression croissante sur la main du patient afin de tester la force du muscle subscapulaire.

Évaluation :

En cas de rupture ou de déficience du muscle subscapulaire, le patient n’est pas capable de soulever le dos de sa main de manière active ou contre la résistance de l’examinateur.

Comme de nombreux patients atteints d’une subluxation du tendon du biceps présentent en plus une rupture partielle ou complète du tendon du muscle subscapulaire, il faut également penser lors du Lift-Off Test à une pathologie du tendon du biceps.

 

      5°-Belly Press Test (test de compression abdominale)

Réalisation :

L’examen est réalisé sur un patient en position debout. L’avant-bras du patient, coude fléchit à 90°, le bras en rotation interne maximale, sera posé par l’examinateur sur le ventre, et on demandera au patient de maintenir cette position.

Évaluation :

En cas de rupture du tendon du muscle subscapulaire, le patient n’arrive pas à maintenir la main sur son ventre, elle s’écarte.

Le coude s’écarte en latérale et en dorsal sous l’action du muscle grand dorsal et du muscle grand rond. Il se produit par ailleurs une flexion du poignet.

 

       6°-Signe de Napoléon

Le Lift-Off Test de Gerber actif et passif n’est réalisable que si l’épaule lésée permet une rotation interne active et passive libre.

Réalisation :

On demandera au patient d’appuyer ses avant-bras fléchis au niveau du coude et avec les poignets en extension, avec toute sa force contre l’abdomen, les coudes devront être maintenus en avant.

Évaluation :

Lors de ce mouvement, il se produit normalement un mouvement des coudes en direction ventrale du fait de la tension de la musculature subscapulaire. Chez les patients avec une rupture des tendons subscapulaires, la position des bras reste inchangée.

 

       7°-Test du muscle infra-épineux

Réalisation :

Le test peut être réalisé sur un patient en position assise ou debout.

Le mieux est de comparer les deux cotés lors du test. Les bras du patient pendant relâchés, les coudes sont fléchis à 90°, mais ne sont pas complètement collés au corps. L’examinateur pose la paume de sa main sur le dos de celle du patient. On demande alors à ce dernier de tourner l’avant-bras vers l’extérieur contre la résistance des mains de l’examinateur.

Évaluation :

Une douleur ou une faiblesse lors de la rotation externe est en faveur d’une atteinte du muscle infra-épineux (rotateur externe). Comme les ruptures du muscle infra-épineux sont le plus souvent indolores, une faiblesse au niveau de la rotation oriente avec une grande probabilité vers une rupture de ce muscle. Afin d’éliminer une participation du muscle deltoïde à la rotation externe, ce test peut être également réalisé avec 90° d’abduction et 30° de flexion.

La cause la plus fréquente d’une atrophie du muscle infra-épineux est représentée par des ruptures tendineuses ou une lésion de la branche du nerf subscapulaire innervant le muscle infra-épineux par compression (kyste, exostose) ou par un étirement (sports nécessitant une position des bras au-dessus de la tête comme ).

     

       8°-Test d’abduction-rotation externe

Réalisation :

Le bras est porté en abduction à 90° et en flexion à 30°. Il est ainsi possible d’éliminer la participation du muscle deltoïde à la rotation externe. Le patient essaye de poursuivre la rotation externe contre la résistance de la main de l’examinateur.

Évaluation :

L’absence de rotation externe active en position d’abduction du bras est faveur d’une rupture du tendon du muscle infra-épineux ayant une conséquence clinique. Lors d’une rotation externe de plus de 45°, on teste principalement la fonction du muscle petit rond.

 

       9°-Test du muscle grand rond

Réalisation :

Le patient est debout et adopte une attitude détendue. On observe la position des mains de derrière.

Évaluation :

Le muscle grand rond entraîne une rotation interne du bras. En cas de contracture, le bras touché est maintenu en rotation interne et la paume de la main est dirigée en arrière contrairement à celle de l’autre main.

Si l’attitude est détendue, cela signifie qu’il existe une contracture du muscle grand rond.

Une faiblesse de la coiffe des rotateurs ou une lésion du plexus brachial peut également être à l’origine d’une position asymétrique de la main.

 

       10°-Test non spécifique du muscle supra-épineux

 Réalisation :

Le patient en position assise doit poursuivre l’abduction du bras au-delà de 90°, contre la résistance de la main de l’examinateur qui est posée sur l’avant-bras.

Évaluation :

Une faiblesse pour poursuivre l’abduction et/ou l’apparition d’une douleur est en faveur d’une atteinte du tendon du muscle supra-épineux.

 

       11°-Drop-Arm Sign (signe du tomber de bras)

 Réalisation :

Le patient étant en position assise, le bras étendu sera porté en abduction de manière passive aux environs de 120°. Le patient doit le maintenir dans cette position sans soutien puis le laisser tomber lentement.

Évaluation :

Une faiblesse pour maintenir le bras, avec ou sans douleur, ou une chute brutale du bras est en faveur d’une lésion de la coiffe des rotateurs qui est le plus souvent liée à un déficit du muscle supra-épineux. Lors de ce que l’on appelle une pseudo-paralysie, le patient est incapable de soulever le bras atteint. Ce signe de débrouillage oriente vers une lésion de la coiffe des rotateurs.

Un signe du tomber du bras positif peut également avoir une origine neurologique. C’est pourquoi, les patients doivent être minutieusement examinés (lésion du nerf subscapulaire).

 

       12°-Hornblower’s Sign de Walch (« signe du clairon »)

 Réalisation :

On demande au patient de porter la main touchée devant sa bouche.

Évaluation :

En cas de déficience complète des deux rotateurs externes (en l’occurrence le muscle infra-épineux et le muscle petit rond), le bras bascule en rotation interne et le patient doit soulever le coude plus haut que la main.

Afin de pouvoir atteindre la bouche avec la main, le patient doit porter tout d’abord le bras en abduction à 90°. Partant de cette position, le bras chute en rotation interne et permet alors de porter la main a la bouche.

 

      13°-Apley’s Scratch Test (test de grattage d’Apley)

 Réalisation :

Le patient en position assise doit essayer d’atteindre avec son index le bord supéro-interne de la scapula controlatérale.

Évaluation :

le déclenchement d’une douleur au niveau de la coiffe des rotateurs, avec l’impossibilité d’atteindre la scapula du fait d’une limitation de la rotation externe et de l’abduction, est en faveur d’une atteinte de la coiffe des rotateurs – principalement du muscle supra-épineux – (diagnostic différentiel : arthrose de l’articulation acromio-claviculaire, fibrose de la capsule articulaire).

 

        14°-Arc douloureux I (Painful Arc)

 Réalisation :

Le bras sera mis en abduction de manière active et passive en partant d’une position normale, pendante.

Évaluation :

Des douleurs apparaissant lors de l’abduction entre 70° et 120° indiquent l’existence d’une lésion du tendon du supra-épineux qui est à l’étroit pendant cette phase entre le trochiter et l’acromion (impingement subacromial). Au – delà de 120°, la douleur est le plus souvent absente. Par contre, en cas de lésion de l’articulation acromio-claviculaire, les douleurs n’apparaissent que pour une abduction entre 140° et 180°.

Lors de l’examen de la mobilité active et passive, l’arc douloureux peut être contourné en portant le bras en rotation externe lors du mouvement d’abduction, ce qui élargit l’espace entre l’acromion et la portion tendineuse lésée de la coiffe des rotateurs et permet ainsi d’éviter un impingement entre 70° et 120°.

En dehors d’une rupture plus ou moins complète de la coiffe des rotateurs, un œdème ou une inflammation liés à des bursites et des atteintes du bord de l’acromion ainsi que parfois une arthrose acromio-claviculaire peuvent être la cause d’un impingement et entraîner un arc douloureux.

 

       15°-Test d’impingement de Neer

 Réalisation :

Une main de l’examinateur fixe l’épaule alors que l’autre soulève le bras du patient, saisi latéralement, au-dessus de l’horizontale en effectuant un mouvement d’arrière en avant dans le plan d’adduction et dans le plan de la scapula.

Évaluation :

En cas de syndrome d’impingement positif, il existe une douleur marquée à la mobilisation du fait d’un rétrécissement subacromial ainsi que d’une friction de la zone abîmée avec le bord antérieur de l’acromion.

Le test n’est pas spécifique. De nombreuses autres pathologies peuvent donner un résultat de test positif (bursite, limitation de la mobilité de l’articulation de l’épaule, instabilité antérieure, calcification, tumeurs osseuses, rupture de la coiffe des rotateurs).

Si le test est positif lors de la rotation externe du bras, il se peut que la cause soit une pathologie de l’articulation acromio-claviculaire.

 

      16°-Test d’impingement de Hawkins et Kennedy

 Réalisation :

une main de l’examinateur fixe la scapula pendant que l’autre porte en adduction (mouvement vers la partie controlatérale du corps) le bras en rotation interne et en antéversion à 90°

Évaluation :

Des douleurs sont en faveur d’une tendinite ou d’une calcification au niveau d’un tendon du muscle supra-épineux ou d’un impingement secondaire (par ex. lésion du bord antérieur de l’acromion).

Un syndrome d’impingement positif se manifeste par une douleur marquée à la mobilisation liée à une butée du tubercule majeur ou à une incarcération du tendon du supra-épineux sous ou contre le ligament coraco-acromial. Un impingement coracoïdal se manifeste lors d’un mouvement d’adduction lorsque le tendon du supra-épineux heurte par ailleurs le processus coracoïde.

Une variante du test d’impingement a été proposée par Jobe. Le bras en abduction effectue une rotation interne. La conséquence est une compression des portions dorsales du tendon du muscle supra-épineux sous l’acromion.

 

       17°-Test d’impingement de Neer avec injection

Réalisation :

Injection dans des conditions stériles d’un anesthésique, associé éventuellement à un corticoïde, sous le sommet de l’acromion ou dans l’espace subacromial.

Afin d’ouvrir l’espace subacromial, on demande au patient de laisser prendre son bras de manière lâche et détendue. Cependant, le poids du bras n’ouvre l’espace subacromial que si le patient est suffisamment détendu.

Évaluation :

Le patient doit être surveillé pendant un certain temps après une injection afin de pouvoir détecter et traiter d’éventuels troubles hémodynamiques liés aux médicaments. Le patient doit également être informé qu’après une injection, des douleurs transitoires au niveau de l’épaule peuvent survenir et que la mobilité est limitée de ce fait. Par ailleurs, des réactions inflammatoires non bactériennes sont possibles au niveau de l’épaule après une injection, en particulier de corticoïde.

 

L’examen clinique en orthopédie

L’EXAMEN DE L’ÉPAULE : TESTS DE BURSITE

R. ABOUCHAMMALA

   Bourses séreuses :

        Il existe toute une série de bourses séreuses au niveau de l’épaule. Elles communiquent en partie entre elles. La bourse acromiale et la bourse subdeltoidienne située à proximité sont les plus importantes. Elles assurent un « mouvement souple » entre la coiffe des rotateurs et l’acromion ainsi que l’articulation acromio-claviculaire situés au-dessus. En cas de processus pathologiques au niveau de l’épaule, elles provoquent des douleurs aiguës. Ces bourses forment souvent ensemble une cavité synoviale.

   Signe de bursite :

      Il faut savoir y penser quand on n’a pas d’explication pour les douleurs de l’épaule.

Réalisation :

    on palpe la région subacromiale avec l’index et le majeur à partir de la zone latéro-ventrale (antéro-externe).

    L’extension ou la légère hyperexentension du bras réalisée avec la main libre et la pression vers l’avant de la tête de l’humérus avec le pouce situé en arrière permettent d’élargir l’espace subacromiale. La partie crâniale de la coiffe des rotateurs et leur insertion sur le tubercule majeur peuvent par ailleurs être palpées.

Évaluation:

    une douleur localisée au niveau de l’espace subacromial déclenchée par la pression est non seulement en faveur d’une inflammation de la bourse subacromiale, mais oriente aussi vers une affection de la coiffe des rotateurs.

   Test de Dawbarn :

         Ce test apprécie les caractéristiques de la bursite subacromiale.

Procédure:

    alors qu’une des mains de l’examinateur poursuit l’abduction du bras du patient à partir d’une position d’abduction moyenne, l’autre main palpe l’espace subacromial au niveau de la zone ventro-latérale.

    Pendant l’abduction passive du bras jusqu’à 90°, l’examinateur exerce en plus une pression ponctuelle au niveau subacromial.

Évaluation:

    des douleurs subacromiales qui diminuent lors de l’abduction sont en faveur d’une bursite.

    Lors de l’abduction, le muscle deltoïde se place au-dessus du bord de la bourse subacromiale. Cela soulage la douleur.

L’examen clinique en orthopédie

L’EXAMEN DE L’ÉPAULE

R. ABOUCHAMMALA

Les troubles de l’épaule sont en rapport avec des lésions aiguës (lésions de loisir ou de sport) ou chroniques (dégénératives), qui sont liés surtout à l’âge.

Les activités professionnelles ou domestiques pendant des années obligeant à tenir ses bras au-dessus de la tête entraînent également des sollicitations excessives et des déséquilibres musculaires.

Les conséquences sont les mêmes en ce qui concerne la position assise des secrétaires à un poste de travail inadapté du point de vue ergonomique.

L’anamnèse est primordiale lors de l’examen de l’articulation de l’épaule. Des traumatismes aigus, des sollicitations excessives chroniques, des dégénérescences liées à l’âge ou des pathologies générales.

Chez l’adolescent et l’adulte jeune, les principales étiologies sont les traumatismes ou les malpositions anatomiques congénitales. Les luxations et les subluxations de l’épaules à l’origine d’une instabilité articulaire.

Chez les personnes âgées, les lésions dégénératives, en premier lieu le syndrome d’impingement, la rupture de la coiffe des rotateurs et les lésions dégénératives de l’articulation acromio-claviculaire

Les contraintes professionnelles et les activités sportives, certains métiers qui obligent entraînent souvent de manière précoce des troubles au niveau de l’espace subacromial. Il est important de connaître le déroulement exact du mouvement spécifique au sport pratiqué, qui permettra de mettre en évidence un cadre lésionnel typique.

En cas de dégénérescence tendineuse, un traumatisme bénin peut entraîner une rupture du tendon du supra-épineux.

Le diagnostic différentiel doit faire penser à d’autres affections. Il possible que la douleur de l’angine de poitrine irradie dans l’épaule et le bras, et pas uniquement du côté gauche.

Les atteintes de la vésicule biliaire ou du foie peuvent entraîner des douleurs dans l’épaule droite. La polyarthrite rhumatoïde ainsi que l’hyperuricémie peuvent se manifester initialement au niveau de l’épaule. Les patients souffrant d’un diabète sucré présentent plus fréquemment que la population générale des limitations de la mobilité scapulaire. Le syndrome de Pancoast-Tobias avec un syndrome de Claude-Bernard-Horner représente une des causes néoplasiques les plus fréquentes.

L’inspection permet d’observe la démarche et le balancement du bras controlatéral.

Un patient avec une « épaule gelée » évite lors du déshabillage la rotation interne et externe, ainsi que les mouvements au-dessus du plan horizontal.

Un patient avec une rupture de la coiffe des rotateurs demande souvent de l’aide pour se déshabiller car il manque de force pour l’abduction.

Des asymétries, en particulier des atrophies musculaires, peuvent être mises en évidence par une comparaison entre les deux côtés.

L’inspection comparative des articulations acromio-claviculaires, on recherche des gonflements ou un décrochement en rapport avec une dislocation acromio-claviculaire.

Un corps musculaire en position distale oriente vers une rupture du tendon du long biceps. Il en va même pour de nombreuses maladies congénitales, le syndrome de Klippel-Feil, le torticolis congénital ou une fracture de la clavicule qui survient très fréquemment chez le nourrisson et le jeune enfant. Une atrophie isolée du muscle supra-épineux est en rapport avec une rupture de ce tendon.

Des syndromes périphériques de compression nerveuse et le syndrome du défilé thoracique peuvent également se manifester initialement par des douleurs scapulaires.

Des radiographies de face et de profil de l’épaule ainsi que des clichés spéciaux sont indiqués pour compléter l’examen clinique, afin de pouvoir différencier des altérations osseuses d’affections des parties molles. L’échographie, l’IRM et la TDM offrent un complément d’imagerie pour explorer les troubles scapulaires.

L’examen de l’épaule comporte :

1° Des tests d’orientation qui permettront de tester grossièrement la mobilité de l’épaule :

Test de mobilité combinée (c’est le test d’Apley),

Manœuvre de Codmann,

Test du signe de la paume de la main et du signe du doigt.

2° Test de bursite

Bourses séreuses,

Signe de bursite,

Test de Dawbarn.

3° Coiffe des rotateurs

Test d’abduction en position neutre,

Test du muscle supra-épineux de Jobe (Empty Can Test)

Test du muscle sous-scapulaire,

Test de décollement (Lift-Off test de Gerber),

Belly Press Test (test de compression abdominale),

Signe de Napoléon,

Test du muscle sous-épineux,

Test d’abduction-rotation externe,

Test du muscle grand rond,

Test du non spécifique du muscle sus-épineux,

Drop-arm sign (signe du tomber du bras),

Hornblower’s Sign de Walch (Signe du clairon),

Apley’s Scratch test (test de grattage d’Apley),

Arc douloureux I (Painful Arc),

Test d’impingement de Neer,

Test d’impingement de Hawkins et Kennedy,

Test d’impingement de Neer avec injection.

4° articulation acromio-claviculaire

Arc douloureux II (Painful Arc),

Test d’adduction horizontale forcée,

Test d’adduction forcée avec le bras pendant,

Test de déplacement horizontal de la partie externe de la clavicule,

Test d’adduction croisée (Cross Body Action ou signe de Dugas),

Test d’injection acromio-claviculaire.

5° Tendon du long biceps

Test non spécifique du long biceps,

Test d’Abott-Saunders,

Palm-up test (Speed-Biceps Test ou test du bras étendu),

Test du ressaut,

Test de Yergason,

Signe de Hueter,

Test du ligament transverse de l’humérus,

Test de flexion horizontale de Thompson et Kopell (Cross Body Action),

Test de Ludington,

Test de Lippman,

Lésion SLAP (Superior Labrum Anterior Posterior ou lésion isolée du complexe

labroccipital),

Test de compression active O’Brien,

Test de traction,

Biceps Load Test I,

Biceps Load Test II,

Supine Flexion Resistance-Test de Habermeyer.

6° Instabilité de l’épaule

Test de compression,

Test d’appréhension antérieure,

Test de Fulcrum,

Test du lanceur,

Test de Leffert,

Load and Shift Test antérieure et postérieur (test du tiroir),

Anterior Drawer-Test de Gerber-Ganz (tiroir antérieur),

Test d’appréhension postérieure (Posterior Shift and Load Test),

Posterior Drawer-Test de Gerber-Ganz (tiroir postérieure),

Test d’appréhension postérieure en position debout,

Test de Fukuda,

Signe du sillon, tiroir inférieur,

Test de Rowe.